PHILON
de  Byzance
Vers 280 – vers 220 av J.C.


Il n’existe que quelques références mentionnant Philon, dans les textes de Vitruve par exemple où sont référencés quelques douze « ingénieurs » dont Archytas, Archimède, Ctésibios et Philon. Héron d’Alexandrie mentionne aussi des recherches sur les automates pour théâtres qu’il aurait menées. Philon aurait été un personnage jouissant d’une importante fortune personnelle ce qui lui aurait permis de se déplacer dans tout le bassin méditerranéen pour y poursuivre ses études.



En fait le peu que nous savons sur lui provient du peu de ses travaux concernant la mécanique qui ont survécu. Dans un de ses traités, il étudie un nouveau type de catapulte récemment inventé par
Ctésibios. Cette information permet de supposer qu’il eut l’occasion de se déplacer à Rhodes et à Alexandrie pour pouvoir y étudier ce genre de machines de guerre. Non seulement, il semble s’être intéressé à la construction de ces appareils mais aussi à leurs performances puisqu’il aurait établi des « grilles » de tirs en fonction de la tension du dispositif et de la masse des projectiles. Il lui aurait alors été facile de monnayer ses compétences, très recherchées par les militaires, et de se mettre ainsi à l’abri des soucis d’argent.
A ce que l’on sait, son traité comportait 9 livres :

1/ L’introduction.
2/ La théorie des leviers.
3/ L’organisation des ports maritimes.
4/ Les catapultes.
5/ Les systèmes pneumatiques.
6/ Les automates.
7/ La construction des fortifications.
8/ Comment assiéger une ville ou la défendre contre un siège.
9/ Les stratégies.

Les contenus des livres 4, 5, 7 et 8 ont seuls survécu. Mais comme Philon avait coutume de faire de nombreuses références à ses propres travaux, il est possible de se faire une assez bonne idée de ce que contenaient les ouvrages disparus.

La rédaction des traités était d’une forme peu courante puisqu’ils contenaient un très grand nombre de chapitres excessivement courts. Par exemple, le livre 8 se compose de deux sections, la première de 75 chapitres et la seconde de 111. Non seulement l’ouvrage représente un remarquable exemple des Mathématiques appliquées, mais en plus, il rassemble une quantité énorme de conseils et de remarques judicieuses : - Comment défendre une muraille selon qu’elle fait face à la mer ou à la terre - De l’importance de disposer de médecins compétents sur les lieux des combats - De la reconnaissance des vainqueurs ou survivants en fournissant une pensions aux combattants invalidés… ou aux épouses de ceux qui ont été tués - De la nécessité de faire usage de machines adéquates (catapultes, balistes…) pour investir une ville - Comment affamer les habitants d’une ville assiégée - Comment en suborner quelques assiégés pour qu’ils aident les assaillants à pénétrer dans la cité - Quels types de poisons utiliser pour éliminer les combattants et habitants - Comment crypter un message pour pouvoir communiquer dans le secret absolu …

Et c’est certainement en étudiant les caractéristiques de machines de guerre que Philon fut amené à se pencher sur le célèbre problème de la « duplication du cube ». En effet, il se demanda comment, à partir d’une catapulte donnée, en construire une autre semblable mais capable de lancer un projectile deux fois plus lourd. Pour ce faire, il était nécessaire de construire une machine dont les dimensions linéaires étaient augmentées de telle façon que son volume (cube de ses dimensions) soit lui aussi doublé. Il serait arrivé à fournir une solution matérielle « satisfaisante » en utilisant l’intersection d’un cercle et d’une hyperbole. 

Projet Educatif Européen « SOCRATES COMENIUS » - Collège Jules Ferry (Montluçon)
LES ORIGINES DU PATRIMOINE SCIENTIFIQUE EUROPEEN
Coordonnatrice du Projet : Melle BANKO Martine. Animateur du Projet : Mr GIRAUD Jean
Auteur du document : Mr GIRAUD Jean. Créateur de la page Web : Mr OLLIER Jean Pierre