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COMPRENDRE LE CONTEXTE.
En
Mésopotamie, la pierre est rare. C’est la raison pour laquelle il n’y
subsiste aucune ruine imposante comme en Egypte et cela explique le fait que
les archéologues n’aient commencé à s’intéresser à ce désert que
vers 1840.
Il
faut garder constamment présent à l’esprit que la Mésopotamie est la
Civilisation de l’ARGILE, seul matériau dont les habitants pouvaient
disposer autant qu’ils le désiraient.
L’HISTOIRE
ET L’HERITAGE
A
travers un bref résumé de l’histoire de la région, contentons nous donc
d’énumérer rapidement les progrès dont nous sommes redevables à ces
peuples.
-Vers
9000 avant J.C., les nomades commencent à se sédentariser et abandonnent
la cueillette pour passer au stade de la culture. Ils utilisent des systèmes
de retenues et de dérivations des cours d’eau. Nous leur devons donc
l’IRRIGATION. Ils mettent au point de nouveaux outils tels la charrue pour
préparer le sol avant les semailles. Nous leur devons donc l’AGRICULTURE.
-Vers
8000 avant J.C., ils parviennent à domestiquer des animaux. Nous leur
devons donc l’ELEVAGE.
-Entre
6500 et 4500 avant J.C., les villages se structurent, s’organisent,
assurent leur défense… Nous leur devons donc les premières VILLES avec
enceintes fortifiées (cultures d’Hassuna, de Samarra puis de Tell-Halaf
et d’Obeid).
-Les
échanges entre cités s’organisent et s’affinent. Nous leur devons donc
le COMMERCE.
-Les
artisans manipulent de mieux en mieux l’argile qui abonde, ils deviennent
des maîtres de la POTERIE (cuite au four et non plus simplement séchée au
soleil) puis de la CERAMIQUE.
-Dans
la région de Tell Halaf, les potiers passent du système du « colombin »
à l’usage du tour pour façonner leur production. Il y a tout lieu de
penser que la roue horizontale du tour a donné naissance à un dispositif
similaire et vertical facilitant grandement les transports qui jusqu’alors
s’effectuaient au moyen de travois. Nous leur devons donc la ROUE.
-La
complexité des échanges commerciaux oblige les commerçants à inventer un
système de communication numérique et d’archivage des transactions. Nous
leur devons donc la notation de véritables NOMBRES et les bases du CALCUL
(d’ailleurs, leur premier système de notation numérique porte le nom de
« calculis »).
-Les
Rois des différentes cités sont très préoccupés de connaître
l’avenir, aussi entretiennent-ils de nombreux Mages chargés d’observer
les « signes » du ciel. Petit à petit cette observation se
transforme en un raisonnement plus rigoureux et les déplacements des astres
sont alors connus avec énormément de précision et soigneusement notés
dans des archives. Nous leur devons donc l’ASTRONOMIE. Notons que
plusieurs noms utilisés par les astronomes mésopotamiens pour désigner
les constellations ont encore cours de nos jours, tels les Gémeaux, le
Scorpion, le Capricorne…
-Leur
numération utilise un système à base 60. Pour cette raison, l’année
civile officielle compte 360 jours (60 x 6). Afin de repérer les levers
d’astres au cours de l’année, l’horizon céleste est partagé en 360
parties égales que nous appellerons les degrés…Degrés eux-mêmes partagés
en 60 parties (les minutes d’arc)… elles-mêmes partagées à leur tour
en 60 parties (les secondes d’arc). Nous leur devons donc les MESURES
ANGULAIRES.
-L’année
est partagée en 12 mois et le zodiaque en 12 signes. Nous leur devons donc
la base de notre CALENDRIER.
-La
journée est partagée en deux périodes de 12 heures chacune, 12 heures pour
le jour, 12 heures pour la nuit… Heures elles-mêmes partagées en 60
minutes et chaque minute en 60 secondes. Nous leur devons donc nos MESURES
HORAIRES.
-Ces
peuples passent alors très vite de la notation des nombres à celle des
choses puis des mots, puis des idées. Nous leur devons donc l’ECRITURE.
Les premières tablettes comportant une véritable écriture proviennent de
la région d’Uruk et datent de 3400 ans avant J.C.
A
partir de là, l’homme quitte le stade de la PREHISTOIRE pour passer dans
celui de l’HISTOIRE et les évènements historiques concernant ces peuples
nous sont alors beaucoup mieux connus puisque soigneusement retranscrits sur
des tablettes d’argile sous la forme d’une écriture qui, en évoluant
au cours des siècles, se perfectionne, se simplifie et devient la fameuse
ECRITURE CUNEIFORME.
A
une mosaïque de cités-états succèdent les premiers Empires qui unissent
sous leur domination une grande partie de la Mésopotamie.
Vers
3200 avant J.C. la Chaldée voit s’imposer une première grande
civilisation, celle des Sumériens qui assèchent et cultivent les marécages
qui constituent une grande partie de leur territoire. Si les paysans
habitent toujours des huttes de roseaux, dans les villes on construit déjà
des bâtiments de briques et les premières constructions importantes font
appel au dispositif de l’arc et de la voûte. Nous leur devons donc des éléments
essentiels de l’ARCHITECTURE.
La
richesse des Sumériens engendre des convoitises et ils subissent de
nombreuses invasions. Le pays d’Akkad se trouve au
Nord de Sumer. Bien qu’ayant le même mode de vie, les tribus qui y
vivent sont d’une autre ethnie et parlent une autre langue. Vers 2350
avant J.C., Sargon, Roi de la cité de Kish, unit les villes akkadiennes et
entreprend de conquérir Sumer. Il commence par vaincre ses voisins de l’Elam,
puis en s’assurant le contrôle des voies d’eau jusqu’au Golfe
Persique il prend au passage toutes les grandes cités comme Mari et devient
le premier « unificateur » de toute la Mésopotamie.
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