|
|
HERON
|
|
|
|
Temple d'Edfou |
|||
|
Les partisans de la première possibilité qui affirment qu’il vécut vers 150 av. J.C. se basent sur le fait que dans ses écrits, il ne fait référence à rien de postérieur à Archimède. Les défenseurs de la seconde, qui soutiennent qu’il vécut vers 250 (après J.C.) avancent des éléments qui en feraient un personnage postérieur à l’astronome Ptolémée. Une troisième hypothèse pourrait mettre tout le monde d’accord. Selon celle ci, Héron aurait été contemporain d’un Romain nommé Columella, à la fois soldat et fermier et qui aurait écrit un texte sur l’agriculture en l’an 62, texte dans lequel il reprend exactement les formules établies par Héron pour calculer les aires de différentes surfaces. Héron aurait donc vécu au 1er siècle de notre ère ! Un autre élément vient considérablement renforcer cette hypothèse, le fait qu’on aurait découvert un document écrit par Héron dans lequel il décrit en détail une éclipse de Lune qui a eu lieu à Alexandrie très précisément le 13 Mars 62 à 23h ! Pour
compliquer les choses, il faut savoir qu’à cette époque, le patronyme Héron
était aussi répandu chez les Grecs que le Martin actuellement chez les
Français.
|
|||
|
|
|
|
Héron d’Alexandrie était un géomètre et un « technicien » qui prétendait que la Mécanique pouvait se diviser en deux grands domaines, une partie théorique et une partie pratique. La partie théorique englobait les Mathématiques (Arithmétique et Géométrie), l’Astronomie et la Physique. La partie pratique concernait tous les travaux « manuels » ainsi que l’Architecture. On incluait aussi dans la Mécanique ce qui mettait en œuvre des moyens pneumatiques, faisait appel aux leviers ou poulies, imitait les mouvements des êtres vivants (les automates par exemple) ou utilisait l’eau (entre autres, pour mesurer le temps, telles les clepsydres). Heureusement, grâce à de multiples copies, un grand nombre des écrits de Héron ont pu nous être transmis. Ainsi, on sait qu’il rédigea un traité d’Astronomie dans lequel il donnait une astucieuse méthode pour connaître la distance entre Alexandrie et Rome en utilisant la différence entre les heures locales d’observation d’une éclipse de Lune. (C’est d’ailleurs le fait que Ptolémée n’ait jamais fait allusion à cette méthode essentielle de calcul qui fait dire à certains historiens qu’il aurait vécu avant Héron). Dans le « Pneumatica », composé de deux livres, il présente de nombreuses machines fonctionnant grâce à la pression de l’air ou de la vapeur d’eau. Le premier livre est constitué de 43 chapitres et le second de 37. Héron commence par y développer des considérations théoriques sur la pression des fluides. Une partie de son exposé est juste mais banale… tandis que l’autre, plus originale, est complètement erronée. La suite est constituée d’un véritable catalogue de « jouets » mécaniques plutôt destinés à des enfants… On y trouve pêle-mêle des fioles permettant de verser au choix de l’eau ou du vin… ou un mélange dosé des deux, des oiseaux mécaniques capables de chanter, des trompettes qui sonnent sans intervention humaine, des objets qui se déplacent seuls quand on allume un feu au bon endroit, des statues d’animaux articulés qui se mettent à boire…etc…Tout cela semble bien puéril, mais peut-être Héron les utilisait-ils pour illustrer de façon simple les cours qu’il dispensait. En quelque sorte il tentait de montrer en quoi la physique théorique pouvait se retrouver dans des objets du quotidien. Beaucoup plus intéressant, il y décrit une foule de machines, telles une pompe à incendie, un orgue à vent, un appareil fonctionnant avec des jetons et surtout la première machine à vapeur jamais conçue et réalisée : son célèbre éolipyle. Pour la première fois au monde, la « force » de la vapeur était utilisée pour mettre un dispositif en rotation. Ce mouvement était hélas impossible à récupérer pour en tirer un quelconque travail. Toutefois, ce n’est pas ce point qui « condamna » l’invention. Non, ce fut la réaction de ses contemporains qui déclarèrent unanimement qu’il était bien inutile de se fatiguer à concevoir et fabriquer une machine pour lui faire effectuer une tâche que n’importe quel esclave pouvait parfaitement accomplir ! « Mécanica », composé de trois livres, s’adressait plus précisément aux architectes. Il décrit en détail différentes méthodes pour soulever des poids et fournit les plans des machines permettant d’y parvenir. Ce travail doit beaucoup aux recherches entreprises plusieurs siècles auparavant par Archimède. Dans le « Livre I », il examine comment construire un volume de dimensions et de forme données. Dans le « Livre II », il s’intéresse à la façon de soulever des objets lourds au moyens de leviers, de poulies, de cales ou de systèmes à vis. Il y traite aussi le problème du centre de gravité des figures planes. Le « Livre III » examine différents moyens, tels que les traîneaux, pour transporter des objets, il y est aussi question des grues et des pressoirs à vis. Dans un autre ouvrage, il décrit de nombreux automates et marionnettes fonctionnant grâce à des systèmes de chaînes et de contrepoids. Des machines de guerres sont présentées dans « Belopoeica ». On y retrouve des éléments déjà décrits par Philon et Vitruve (Ingénieur et architecte romain). On peut y joindre un ouvrage exclusivement consacré aux différentes formes de catapultes… mais qu’il n’aurait pas entièrement écrit.
|
|
|
|
|
|
« Métrica » concernait les différents systèmes de mesures et comportait 133 définitions relatives aux lignes et aux surfaces. Mais il se pourrait que ce travail soit attribuable à Diophante. Dans le « Livre I », il étudie les aires des triangles, des quadrilatères, des polygones réguliers ainsi que la surface des cylindres, des pyramides, des prismes, des cônes et des sphères. Il y aborde aussi une méthode permettant d’approcher la racine carrée d’un nombre, méthode déjà utilisée depuis au moins 2000 ans par les mathématiciens babyloniens. Dans le « Livre II », il s’intéresse au calcul des volumes des pyramides, prismes, cylindres, cônes, sphères… Dans le « Livre III », il étudie la façon de partager des aires et des volumes divers en deux parties se trouvant dans un rapport donné. Cette recherche se rapproche beaucoup d’un travail déjà abordé par Euclide. Dans le même livre, il propose aussi une méthode permettant d’extraire une racine cubique. « Géométrica » semble n’être qu’un développement, illustré par des exemples concrets, du premier chapitre de Métrica. « Stéréométrica » concerne les volumes et constitue lui aussi le développement illustré du deuxième chapitre de Métrica. « Catoprica » traite des problèmes posés par les miroirs. C’est dans cet ouvrage que Héron déclare que la vision est produite par des rayons émis par les yeux et que ces rayons se déplacent à une vitesse infinie. Beaucoup d’autres recherches lui sont attribuées, mais on n’en possède que des fragments ou de courtes références. C’est le cas pour un ouvrage en quatre livres écrit sur les horloges à eau (clepsydres) et pour un autre qui se composait de commentaires sur les huit premiers livres des « Eléments » d’Euclide. Il aurait aussi écrit un ouvrage d’architecture sur l’art de construire les voûtes et un autre sur l’équilibre des corps. Plus contesté, mais qu’on lui attribue néanmoins, il y aurait aussi un ouvrage sur l’utilisation des astrolabes.
|