Les crimes nazis

La rafle du 26 août 1942

Le 26 août 1942, à 5 heures du matin, au terme d’une stratégie minutieusement organisée et déployée par les fonctionnaires de Vichy, 170 personnes étaient arrêtées à leur domicile par les services de police et de gendarmerie français et regroupées dans une usine désaffectée de Prémilhat: « le camp de textile », spécialement organisé pour servir de zone régionale de transit.
Après avoir été identifiées, une vingtaine de personnes arrêtées purent être libérées.
Le 3 septembre, les personnes détenues prenaient le train à la gare de la petite vitesse en direction de Châteauroux. Là, leur convoi a été rattaché à un train en provenance de Toulouse.
A leur arrivée à Drancy, le 4 septembre 1942, ils étaient près de 900 .
Le 14 septembre, le convoi n° 32 quittait Drancy pour le camp d’extermination d’Auschwitz emportant les personnes arrêtées en Auvergne.
Dès leur arrivée, les 48 femmes et les 18 enfants, dont certains n’avaient pas plus de 2 ans, furent envoyés dans les chambres à gaz.
Une plaque commémorative orne le mur de la guerre SNCF pour perpétuer le souvenir de cette horrible tragédie.

"Le 3 septembre 1942
143 Juifs, dont 18 enfants, habitant les départements
de la région de Clermont-Ferrand arrêtés a leur domicile et rassemblés dans un camp de Prémilhat
furent livrés aux nazis par le gouvernement de Vichyet déportés vers le camp d’extermination
d’Auschwitz".

 

Le massacre de la carrière des Grises

La gestapo, la feldgendarmerie et le PPF ( Parti Populaire Français ) avaient effectué dans la région de nombreuses arrestations de patriotes qu’ils avaient emprisonnés à la caserne Richemont.
Le 14 août 1944 vers 5 heures du matin, 42 otages furent extraits de leurs geôles et durent monter dans un camion, encadrés de deux autres camions de soldats allemands et d’une voiture légère avec quatre officiers.
A trois kilomètres du village de Quinssaines, le convoi tourna à gauche en direction du lieu dit « Les Grises » qui à cette époque était un terrain d’exercice militaire et où l’avant-veille avait été creusée une fosse. L’exécution commença vers 6 h 20 dans des cris épouvantables; les otages , par groupes de cinq furent abattus par derrière pour tomber la face contre terre. A 7 heures, leur triste besogne terminée, les 80 assassins reprenaient la route.
M. Picandet, un témoin qui avait entendu des cris et des coups de feu prévint les autorités: le Maire, M Méchain et le Sous-préfet M. Féa. Ce dernier alla demander à l’État major allemand, à l’hôtel Terminus, s’il avait connaissance des faits. Mais on lui répondit que les fusillades dépendaient de la gestapo. M. Féa demanda l’autorisation, d’abord refusée, au chef de cette organisation criminelle, de pouvoir exhumer les corps et de leur donner une sépulture convenable ce qui fut fait l’après-midi même. Sous la surveillance des gardes mobiles et des « maquisards », en présence des autorités judiciaires et policières, on exhuma les corps et on fit leur « toilette ». Mais ce n’est que le lendemain que les victimes furent enterrées au cimetière de Prémilhat où l’on déposa sur la fosse commune une superbe couronne de fleurs.
Après la libération de Montluçon, une cérémonie à la mémoire des 42 otages fusillés fut organisée le 17 septembre 1944 à l’Hôtel de ville. Cependant 4 personnes n’ont jamais pu être identifiées.